L’homme qui travaille pour de l’or… et de l’or

24/02/2020

L’homme qui travaille pour de l’or… et de l’or

Dans l’agenda de Yannick Borel, deux dates sont cochées depuis très longtemps : le 26 juillet 2020 pour la finale olympique de l’épreuve individuelle d’épée et le 31 juillet 2020 pour la finale par équipe. En pleine préparation des J.O. de Tokyo, le champion olympique par équipe en 2016, nous livre ses impressions.

L’homme qui travaille pour de l’or… et de l’or

MGEFI : Es-tu déjà qualifié pour Tokyo 2020 ?

Yannick Borel : Non, je ne suis pas encore qualifié. Nous devons tous passer par un système de qualification avec six épreuves de Coupe du monde jusqu’en mai. J’irai notamment à Budapest, Buenos Aires, Cali et Paris. Fin mai, nous saurons qui est sélectionné.

MGEFI : Depuis Rio, tu penses à Tokyo ?

Y.B. : Oui, cela fait 4 ans que je me prépare pour les J.O. Depuis septembre 2016, j’ai doublé mon volume d’heures d’entraînement et, au-delà du physique, j’ai également renforcé ma préparation mentale. Si je veux l’or, je devrais battre les meilleurs. Je ne dois rien négliger pour y parvenir

MGEFI : Ton palmarès plaide pour toi…

Y.B. : Peut-être mais cela ne suffit pas. Il faut être performant. La concurrence est vive en équipe de France. Nous sommes six à pouvoir prétendre à l’une des quatre places. Alors, je vais faire ce qu’il faut pour me qualifier. Pour moi, ce n’est qu’une étape parce que mon objectif c’est vraiment la médaille d’or à Tokyo. Je pense avoir la confiance de mes coachs et du staff. Je suis, en effet, le seul Français à avoir été médaillé individuel aux Championnats du monde et d’Europe depuis les derniers Jeux Olympiques.

 

MGEFI : Concrètement, à quoi ressemble une journée type ?

Y.B. : J’arrive à l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance) vers 10h00 et je repars entre 18h00 et 19h30. Mes journées sont bien remplies mais je sors d’une saison particulière. J’ai été opéré de la main fin 2018 et, en 2019, je n’ai pris part qu’à la moitié des épreuves afin de préserver mon poignet. Malgré tout, j’ai fini 8ème mondial et premier Français de la saison. J’ai également participé à la conquête du titre mondial par équipe. Pour une saison tronquée, c’est assez rassurant.

 

MGEFI : Qui seront tes adversaires les plus dangereux ?

Y.B. : Il y en aura beaucoup. Tout le monde veut la médaille. Il y aura Park Sang-young, l’épéiste coréen champion Olympique 2016, mais aussi les Italiens Santarelli, Garozzo ou Fichera et les Japonais qui ne viendront pas pour faire de la figuration. Et d’autres encore. Le danger va venir de partout. A chaque compétition, je recueille un maximum d’informations sur chacun de mes adversaires. Je visionne aussi beaucoup de vidéos.

 

MGEFI : Quelle place occupe ton maitre d’armes dans cette préparation ?

Y.B. : Une place très importante. Stéphane Le Roy m’a énormément apporté sur le plan technique. Je travaille avec lui depuis 2014. A ce moment-là, j’étais vraiment au plus bas, je n’avais plus trop de résultats. Je suis retourné voir Stéphane et, depuis, les résultats ne cessent de grimper. Il y a une relation de confiance entre nous. Il sait que je suis très motivé. Il sait que je travaille énormément et qu’il n’a pas besoin de me fliquer.

 

MGEFI : A quoi ressembleront tes derniers jours avant les J.O. ?

Y.B. : Nous aurons un stage terminal au Japon du 13 au 23 juillet pour nous acclimater et affiner les tactiques.

 

MGEFI : Si on te demande tes objectifs, tu vas nous répondre : “or” et “or” ?

Y.B. : Bien sûr. C’est un rêve mais c’est un rêve réalisable qui ne sort pas de nulle part. Il est réalisable et abordable parce que je travaille très sérieusement.

 

MGEFI : Tu auras des supporters à Tokyo ?

Y.B. : Ma famille sera là : mon épouse, mes parents, mes enfants, ma belle-mère (ancienne escrimeuse cubaine). Des amis aussi devraient être là. Je devrais avoir un petit clan de supporters à Tokyo. Mais je les verrai après les compétitions. Plus l’échéance approchera, plus je serai dans ma bulle. J’espère surtout qu’ils me verront avec la médaille autour du cou (sourire).

 

MGEFI : Quel souvenir gardes-tu des villages olympiques de Londres 2012 et Rio 2016 ?

Y.B. : J’ai vu des stars extraordinaires. J’ai croisé Kobe Bryant en 2012 et toute la Dream Team USA. J’ai aussi croisé Rafael Nadal, l’un de mes sportifs préférés. En 2016, à un mètre de moi, il y avait Usain Bolt et je n’ai même pas osé lui demander une photo (sourire). Maintenant, je suis un peu “vacciné”. À Tokyo, je serai très concentré sur ce que j’ai à faire. J’aurai des œillères (rire).

 

MGEFI : Est-ce que tu peux nous promettre de belles médailles pour l’Équipe de France d’escrime à Tokyo ?

Y.B. : Notre équipe, filles et garçons, est très motivée. Nous avons toutes et tous montré beaucoup de solidité au cours des dernières 4 saisons. Donc oui, je pense qu’il y aura de belles médailles.

 

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