Un métier qui prend soin de notre système de santé

18/12/2019

Un métier qui prend soin de notre système de santé

PORTRAIT- Au sein de la DGFIP, il existe un métier très spécialisé et peu connu. Ceux qui le vivent de l’intérieur le trouvent passionnant en raison de la diversité des missions et de la dimension humaine omniprésente. Rencontre avec Marie-Christelle Sauvé, adjointe en trésorerie hospitalière à Niort.

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Un métier qui prend soin de notre système de santé

PORTRAIT- Au sein de la DGFIP, il existe un métier très spécialisé et peu connu. Ceux qui le vivent de l’intérieur le trouvent tout simplement passionnant en raison de la diversité des missions et de la dimension humaine omniprésente. Rencontre avec Marie-Christelle Sauvé, adjointe en trésorerie hospitalière à Niort dans le département des Deux-Sèvres (79).

Il était une fois une trésorerie spécialisée

À l’instar de toutes les trésoreries territoriales, la trésorerie hospitalière du Sud Deux-Sèvres exerce pour l’essentiel 3 métiers : la comptabilité, le recouvrement amiable et le contentieux.

Pour autant, comme le souligne Marie-Christelle Sauvé, adjointe en trésorerie hospitalière : “Notre principal atout pour mener à bien notre mission est la connaissance particulière de l’univers de la santé et de ses enjeux. De fait, notre approche est à la fois pragmatique et terriblement humaine car nous devons assurer le bon fonctionnement de six établissements qui totalisent quelque 2 500 lits. »

 

Une profession, plusieurs métiers !

Manager d’une équipe de 12 personnes, Marie-Christelle est l’adjointe du comptable public hospitalier qui a plusieurs casquettes. Il assure, d’une part, la comptabilité des établissements et gère, à ce titre, aussi bien les recettes que les dépenses, les investissements, sans oublier la paye des 4 450 personnes qui permettent à ces établissements de fonctionner ! C’est d’ailleurs pour optimiser la gestion de ceux-ci que le comptable et ses adjoints ont aussi un rôle de conseil auprès des dirigeants et cadres gestionnaires. Un travail main dans la main qui se concrétise au travers de 3 éléments clés : le rapport financier annuel, un éclairage avisé sur les taux d’endettements et une démarche de qualité dans le processus de certification des comptes. “ C’est un métier passionnant par la grande diversité des tâches et, surtout, en raison des échanges nourris que cela implique avec de nombreux interlocuteurs : mutuelles, Caisses primaires d’Assurance maladie, conseils départementaux, acteurs sociaux, sans oublier, bien sûr, les cadres et dirigeants des établissements, nos ordonnateurs. ».

 

Au cœur de sa mission : le recouvrement

Dans un contexte d’équilibre financier fragile des hôpitaux, une part importante du métier de Marie-Christelle consiste à recouvrer les factures non réglées. Elles représentent un manque à gagner important pour les établissements. Cette activité intègre le recouvrement de masse (70 % des factures sont de moins de 100 euros), et le recouvrement des gros montants d’hébergement ou de successions, souvent supérieurs à 8 000 euros... “Nous effectuons ce recouvrement tant auprès des institutionnels que des particuliers. Il faut savoir que les débiteurs publics, comme les Caisses primaires d’Assurance maladie et les mutuelles, rencontrent parfois, eux aussi, des problèmes de trésorerie. »

 

Avec les particuliers, il faut évaluer chaque situation

L’autre aspect du recouvrement concerne les usagers. À la différence des institutionnels, l’approche est différente avec un mot d’ordre : s’adapter ! Il faut faire preuve de pédagogie, être à l’écoute, se montrer disponible... À l’initiative de son comptable, c’est la démarche privilégiée par l’équipe de la trésorerie hospitalière de Niort, car il est démontré que les taux de recouvrement ne sont pas meilleurs lorsque l’on agit de manière inflexible. Marie-Christelle explique cette approche de bon sens : “Le rôle de l’hôpital, c’est de soigner. Le nôtre, c’est d’obtenir le paiement des soins car, en dépit des idées reçues, l’hôpital n’est pas gratuit. En revanche, nous ne sommes pas là pour dégrader une situation personnelle déjà difficile, mais bien pour trouver une solution viable pour les intéressés, en prenant en compte la bonne foi de l’usager.”

 

Un cas parmi tant d’autres en milieu hospitalier

Marie-Christelle se souvient de la situation d’une dame âgée sortant de l’hôpital après une fracture de la hanche. Sans avoir prévenu ses enfants, elle avait, quelques mois plus tôt, résilié sa complémentaire santé. Elle s’est donc retrouvée avec un reste à charge de 4 000 euros. “Cette personne touchait le Revenu de Solidarité Active (RSA) et n’était pas solvable. Comme elle habitait chez sa fille, elle-même ne disposant que du RSA, une saisie-vente de ses biens ne pouvait être effectuée. Devant une telle situation de détresse, nous n’avons pu que recommander à l’assistante sociale une procédure de demande de surendettement pour suspendre les poursuites et se diriger vers un possible effacement des dettes, hélas à la charge de l’établissement.”

 

Toujours privilégier les solutions amiables

“Sans accord amiable, c’est la justice qui tranche... et dans ce cas, nous sommes obligés d’entamer des poursuites individuelles pour récupérer les sommes...” Pourtant, malgré l’obligation réglementaire de justifier auprès de la Cour des comptes de son action de recouvrement, le comptable de la trésorerie hospitalière favorisera toujours l’étalement de la dette pour éviter le recouvrement forcé. Il dirigera aussi le créancier vers les aides existantes, notamment territoriales. “Notre métier, ce n’est pas de sanctionner mais de solutionner !”